On peut se demander, comme E. Badinter, si la nécessité d'économiser les ressources naturelles ne contribue pas à alourdir encore la responsabilité de la femme.
Le niveau domestique est actuellement un des pivots les plus importants pour impulser un changement des modes de consommation, les collectivités se lançant dans les "achats durables" étant encore
peu nombreuses et leur contribution minime.
Fabriquer son pain et ses yaourts, jeter les déchets organiques dans le tas de compost, passer plus de temps à lire les étiquettes, militer au travers de ses achats pour un
autre type de consommation, c'est tout un programme, qui demande une nouvelle ingénierie domestique, un investissement intellectuel et en temps.
La "croissance sélective" est-elle compatible avec le féminisme? Oui, si l'on considère que les hommes participent autant que les femmes aux tâches ménagères.
Mais ceci est largement contredit par les sondages. Il est donc indiscutable que les injonctions d'éco-responsabilité au niveau domestique sont avant tout intégrées par les femmes.