Vendredi 7 mai 2010 5 07 /05 /Mai /2010 10:30

 

Cette maxime héritée des années 70 me semble bien résumer le programme d’un parti que je ne citerai pas car tout le monde le reconnaitra. Elle renvoie à un certain nombre de principes, énumérés ci-dessous, qui sont d'une grande cohérence par rapport au constat de la finitude de la planète, mais  sont qualifiés de peu réalistes par le commun des mortels.  Ils  ne  seraient pas de nature à  développer un pays, à engendrer la conquête économique  du monde et le bien être qui en découle pour les populations  qui en profitent . Ils ne permettraient pas les avancées technologiques,  associées à la civilisation industrielle.

 

Mais n'est-on pas à l'aube d'une ère nouvelle, celle de l'après pétrole et du réchauffement de la planète ? La poursuite de l'industrialisation est tributaire des ressources énergétiques, et les schémas qui ont fonctionné dans le passé ne sont manifestement  pas ceux du futur.

Quelles ruptures technologiques  pouvant nous éviter un  changement de  mode de production et de consommation sont  réellement  porteuses d'avenir  et considérées avec sérieux  par la communauté scientifique ? On attend toujours les réponses.

En attendant, ces quelques principes semblent pleins de bon sens.

 

 

Le principe de proximité 

 

Appliqué à l’économie et au social, qui sont liés, l’économie étant une science sociale, il se traduit par: 

 

- une gestion des ressources naturelles au plus près des citoyens concernés, au travers d’instances locales de gestion

- des circuits économiques raccourcis

- une gouvernance des entreprises au plus près des parties prenantes : favoriser les scops et autres formes de gouvernance au plus près des salariés

- des systèmes de financement « responsables » c’est-à-dire réintroduisant des considérations éthiques dans les choix de financement, avec des objectifs de soutien à l’économie « réelle »

 

 

Le principe de limitation de la taille des structures économiques 

 

Le « gigantisme »  des projets n’est pas considéré comme un critère de qualité au regard des contraintes environnementales et sociales. Dans certains domaines (énergie), il peut cependant être nécessaire d'atteindre une taille critique pour que la production soit rentable, de même dans le secteur industriel, et pour garder une compétitivité "prix". Promouvoir des structures à taille humaine, c'est possible dans le secteur agricole, artisanal et les services, au travers de labels mettant en avant l'origine, la qualité environnementale, et le souci de justice sociale.

 

Est-il plus profitable pour un territoire et ses habitants de voir surgir un hôtel gigantesque géré par des multinationales que de soutenir l’émergence de petites structures d’accueil et d’hébergement de qualité, engagées dans une charte de tourisme responsable ?  

Faut-il favoriser l'importation des produits et services de base pour les habitants ou essayer de limiter la dépendance vis-à-vis de l’extérieur ? ceci s’applique en priorité à l’eau, aux denrées alimentaires, à l’énergie.

 

 

Le principe de moralité républicaine

 

Les politiques publiques devraient soutenir prioritairement les structures ayant fait des choix de « responsabilité sociale et environnementale ».

La lutte contre les paradis fiscaux, par exemple,  peut prendre la forme d’une absence de collaboration avec des banques qui placent des fonds dans des paradis fiscaux. 

La prise en considération du statut des femmes (la moitié de la population) dans la société relève aussi de ce principe de moralité républicaine, l'égalité étant loin d'être atteinte selon les données statistiques et une approche plus qualitative issue de l'expérience de chacun.

 

 

 

La question politique qui se pose actuellement n'est pas de faire un choix entre les grands principes qui ont sous-tendu notre développement des dernières décennies et ceux qui viennent d'être énoncés. La question est de savoir où on place le curseur il faut  réussir un "mix" entre les conceptions antagonistes de l'industrialisation systématique, visant à accroître la taille des structures, et une approche plus qualitative ayant pour but de mieux gérer nos ressources humaines et physiques.Il s'agit aussi de limiter les pratiques qui peuvent engendrer un point de non retour, une imposibilité de faire  cohabiter ces deux options.

 

 

 

Par Rebecca Buret - Publié dans : politique
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