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Un tableau paru dans "Alternatives Economiques" (février 2011 - article de Claire Alet) fait un tour d'Europe de la situation féminine.
Les indicateurs retenus sont classiques, le constat sans surprise.
Résultat moyen, au niveau de l'UE, pour 2008:
- part des femmes dans la population active: 45% (48% en France)
- part des femmes à temps partiel: 31,5% (30% en France)
- impact de la maternité sur l'emploi i.e. différence entre le taux d'emploi des mères d'enfants de moins de douze ans et celui de femmes sans
enfants: - 12,4% ( - 10,1% en france)
- différence de rémunération horaire brute moyenne par rapport aux hommes: -17,4 % par rapport au salaire des hommes (-19,2% en France)
- travail domestique et familial - différence hommes-femmes en heures par semaine: 17,7 heures de moins pour les hommes (18 h en France)
- nombre de femmes pour 100 hommes diplômées de l'enseignement supérieur: 147(123,3 en France)
- part des femmes dans les parlements nationaux: 24% (19% en France, avec une politique incitative)
- part des femmes dans les plus hautes instances dirigeantes des entreprises cotées: 11% (10% en France)
Ce qui signifie que les femmes, qui représentent 45 % du marché du travail, sont une catégorie "sous-employée" (plus de femmes que d'hommes diplômées de l'enseignement supérieur).
Une femme sur trois travaille à temps partiel, pour des salaires 20% inférieurs à ceux des hommes (en France) ce qui en fait une catégorie sans retraite ou avec une retraite de misère.
Il faut admettre que les 18 heures de travail domestique et familial qui, dans certains cas, s' ajoutent à des déplacements domicile-travail importants, peuvent être dissuasifs pour acquérir des responsabilité professionnelles ...
De là découle ce que j'appelle une "trappe à pauvreté" :
- soit une interruption de carrière pour raison familiale qui se paye au prix fort (pour suivre le conjoint par exemple, la mobilité géographique étant requise dans certains métiers)
- soit une difficulté d'insertion professionnelle liée à un éloignement des bassins d'emploi, cas des femmes habitant dans les zones rurales
- soit un choix délibéré de favoriser l'éducation des enfants, lorsque l'évaluation "coûts-bénéfices" intègre des considérations éducatives et affectives (demander plus de responsabilité aux parents dans ce domaine signifie pourtant accorder du temps parental - donc féminin si l'on en croit les statistiques )
Que cette inégalité fondamentale, qui ne trouve aucune justification, ne soit pas traitée comme un vrai sujet de société, prouve que nous sommes encore à la préhistoire de l'égalité des sexes.
Avec un travail "normal" de 35 heures par semaine, 18 heures de tâches domestiques et familiales, 5h heures de trajet (30mn environ pour se rendre à son travail ), comment être combattive, me direz-vous ?
Et comment l'être quand on est la personne qui ne rapporte pas l'argent du foyer ?
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