Mardi 6 septembre 2011 2 06 /09 /Sep /2011 10:30

Vu dans les magazines:

 

- Selon une étude du FMI de 2010,  en période de crise, 1 point de PIB de dépenses publiques en moins se traduit par 1% de croissance en moins.

En admettant que cette étude soit critiquable, ce qui est souvent le cas, il faut néanmoins s'interroger sur les sources potentielles de relance de l'activité (et de la consommation qui en découlera)

La réponse sera européenne ou ne sera pas. Si pas de coordination des politiques économiques, pas de relance.

La souveraineté économique nationale est certes menacée, mais que proposer d'autre ?

Il y a urgence

Par Rebecca Buret
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Lundi 7 février 2011 1 07 /02 /Fév /2011 16:20

M. Alain Berger, délégué général Europe d’Alstom, s’inquiète, dans « Confrontation Europe » (janvier-mars 2011), de  l’asymétrie des bénéfices commerciaux  entre pays signataires de l’AMP (Accord sur les Marchés Publics de l’Union Européenne), au détriment des pays de l’U.E.

 

Il s’agit d’accord signés par les pays membres mais aussi par des partenaires extérieurs, portant sur l’accès aux marchés publics des pays membres de l’U.E.

 

Les pays signataires s’accordent, entre autre,  sur un principe de non discrimination des produits et fournisseurs étrangers.

Cependant, un certain nombre de pays ont introduit des exceptions visant à limiter la portée des AMP.

L’Union Européenne a, en retour, ouvert ses marchés publics,  sauf pour les pays couverts par ces dérogations, décisions consignées dans un document appelé « Notes générales et dérogatoires à l’AMP ».

 

Le problème, c’est que ce document n’a jamais été transposé en droit communautaire  et n’a donc « jamais été utilisé contre les pays qui ne garantissent pas le même accès aux entreprises européennes qu’à leurs entreprises nationales » (Alain Berger)

 

Une ouverture  non réciproque des marchés est-elle admissible ?

 

Et ne vaudrait-il pas mieux protéger davantage  les entreprises européennes sur le marché intérieur, elles qui sont soumises à des réglementations environnementales et sociales sans commune mesure avec celles de nos partenaires commerciaux?

 

Tout va très bien madame la marquise …

Par Rebecca Buret - Publié dans : politique
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Lundi 7 février 2011 1 07 /02 /Fév /2011 11:52

Un tableau paru dans "Alternatives Economiques"  (février 2011 - article de Claire Alet) fait un tour d'Europe de la situation féminine.

Les indicateurs retenus sont classiques, le constat sans surprise.

 

 

Résultat moyen, au niveau de l'UE, pour 2008:


- part des femmes dans la population active: 45% (48% en France)


- part des femmes à temps partiel: 31,5% (30% en France)


- impact de la maternité sur l'emploi  i.e. différence entre le taux d'emploi des mères d'enfants de moins de douze ans et celui de femmes sans enfants:         - 12,4% ( - 10,1% en france)


- différence de rémunération horaire brute moyenne par rapport aux hommes:  -17,4 % par rapport au salaire des hommes (-19,2% en France)


- travail domestique et familial -  différence hommes-femmes en heures par semaine: 17,7 heures de moins pour les hommes (18 h en France)


- nombre de femmes pour 100 hommes diplômées de l'enseignement supérieur: 147(123,3 en France)


- part des femmes dans les parlements nationaux: 24% (19% en France, avec une politique incitative)


- part des femmes dans les plus hautes instances dirigeantes des entreprises cotées: 11% (10% en France)

Ce qui signifie que les femmes, qui représentent 45 % du marché du travail, sont une catégorie "sous-employée" (plus de femmes que d'hommes diplômées de l'enseignement supérieur).

Une femme sur trois travaille à temps partiel, pour des salaires 20% inférieurs à ceux des hommes (en France) ce qui en fait une catégorie sans retraite ou avec une retraite de misère.

 

 

Il faut admettre que  les 18 heures de travail domestique et familial qui, dans certains cas, s' ajoutent à  des  déplacements domicile-travail importants, peuvent être dissuasifs pour acquérir des responsabilité professionnelles ...

 De là découle ce que j'appelle une "trappe à pauvreté" :

- soit une interruption de carrière pour raison familiale qui  se paye au prix fort (pour suivre le conjoint par exemple, la mobilité géographique étant requise dans certains métiers)

- soit une difficulté d'insertion professionnelle liée à un éloignement des bassins d'emploi, cas des femmes habitant dans les zones rurales

- soit un choix délibéré de favoriser l'éducation des enfants, lorsque l'évaluation "coûts-bénéfices" intègre des considérations éducatives et affectives (demander plus de responsabilité aux parents dans ce domaine signifie pourtant accorder du temps parental - donc féminin si l'on en croit les statistiques )

 

Que cette inégalité fondamentale, qui ne trouve aucune justification, ne soit pas traitée comme un vrai sujet de société, prouve que nous sommes encore à la préhistoire de l'égalité des sexes.

 

 

Avec un travail "normal" de 35 heures par semaine, 18 heures de tâches domestiques et familiales, 5h heures de trajet (30mn environ pour se rendre à son travail ), comment être combattive, me direz-vous ?

Et comment l'être quand on est la personne qui ne rapporte pas l'argent du foyer ?

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Rebecca Buret - Publié dans : politique
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Lundi 7 février 2011 1 07 /02 /Fév /2011 11:37

 

Les dérives potentielles et avérées d’un système financier international non régulé font partie des débats du café du commerce.

 Où en sommes-nous ?

La proposition que va porter la France au G20 est d’engager une réforme du système monétaire international (SMI). Cette proposition ne fait pas l’unanimité chez les économistes, car les facteurs de la récente crise financière ne sont pas liés à la nature du système monétaire. Les effets destructeurs de l’intégration financière viennent de la volatilité des masses financières, engendrant une volatilité des investissements. Ceci est difficilement compatible avec une stabilité économique des territoires, stabilité qui est au coeur des préoccupations des régions et des états, tout du moins de leurs citoyens.

 

Selon M. Aglietta (Confrontations Europe - la Revue – Janvier – Mars 2011-02-07) :

 «  Il n’est pas possible de combiner l’intégration financière profonde, la stabilité financière, et l’hétérogénéité persistante des préférences nationales »

 

Mais les voies de la régulation ne font pas l’unanimité … et il est à craindre que nous ne nous dirigions vers de fausses solutions, engendrant un rejet en bloc du système à long terme.

 

Les voies de cette régulation passent  avant tout par le développement d’un contre-pouvoir face à celui, exorbitant, des grandes banques.

 

Pour ne pas tomber dans des positions extrêmes telles que celles préconisées  par Eric Cantona, il est nécessaire de soutenir toutes les initiatives qui pourraient contribuer à l’émergence d’une expertise indépendante de celle des banques au plus haut niveau.

 

C’est ce que se propose de faire l’organisation « Finance Watch » au niveau européen, un lobbying actif auprès de la commission afin de promouvoir des solutions de régulation qui n’émanent pas des banques elles-mêmes.

La société française a pris conscience des dérives désastreuses issues d’un système où les firmes sont à la fois juges (des politiques publiques) et parties.

 

 

 

 

 

 

 

Par Rebecca Buret
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Mercredi 8 septembre 2010 3 08 /09 /Sep /2010 11:52

Le débat sur les retraites m'inspire deux remarques.

 

- Il tend à occulter celui, beaucoup plus difficile, et ne pouvant être résolu par des mesures simplistes, de l’avenir de l’emploi en France.

 

- L'absence de considération de la situation  des femmes et des précaires, dont la majorité ne touchera que des retraites de misère, signifie qu'on accable encore davantage ces deux catégories sociales, sans  le moindre état d'âme ou la moindre analyse.

 


Quelle retraite pour les femmes ayant renoncé à un choix de carrière pour assurer un minimum de présence auprès de leurs enfants ? 82% des mi-temps sont assurés par des femmes, ne l'oublions pas ...

Dans une société où la mobilité est instituée comme condition de survie économique (conséquence de la mondialisation), la gestion de deux carrières parallèles dans un couple n’est pas sans poser de problème … Phénomène accentué pour ceux qui résideraient ailleurs qu’à Paris ou Lyon.

Les femmes touchent en moyenne 40% des retraites des hommes. Plus de la moitié des  retraitées touche une pension inférieure à 900 €. Cela ne semble émouvoir personne, même pas les intéressées, car le mouvement féministe s’est essoufflé. 

 


Quels sont les espoirs pour les personnes marginalisées par rapport à l'emploi (sans viser de catégorie particulière), de retrouver un emploi à temps plein? 

Ce que nous constatons, depuis la fin des trente glorieuses, c'est la disparition  de pans entiers de l’économie  "réelle ", ce qui se traduit par des pertes d'emploi

Ce qui est plus nouveau,  c'est une diminution des postes dans la fonction publique

Notre seul espoir:  un retour de la  croissance économique,  alors que  nous avons mangé notre pain blanc (l’énergie bon marché, les ressources naturelles abondantes, une qualité environnementale garantissant une bonne santé de nos concitoyens)

N'y a-t-il pas là quelque chose d'alarmant ?


C’est un lieu commun de dire que les jeunes tardent de plus en plus à entrer sur le marché du travail et que les seniors (i.e les personnes de plus de 40 ans) ne trouvent pas facilement du travail.


La bonne question à se poser est comment faire pour que la notion de carrière soit une réalité pour tout le monde, et pour qu’elle soit encore d’actualité dans dix ans.

 

 

 

Par Rebecca Buret
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Dimanche 20 juin 2010 7 20 /06 /Juin /2010 17:41

Comment va-t-on s’en sortir ?

 

 

Le marché européen des quotas d’émission est-il compatible avec le principe d’une taxe carbone au niveau européen ?

Pour ce qui concerne la France, ces deux options de la régulation par le marché et par la taxation sont proposées simultanément, mais cette combinaison semble poser problème.

 

Le marché repose sur un système d’échanges de droits d’émission (quotas), dans le cadre d’un système européen d’allocation de quotas d’émission, qui se décline en plans nationaux. Il s’agit d’un marché régulé  par la fixation du prix de la tonne de C02.

L’objectif à terme est d’augmenter le prix de la tonne de CO2 (17€/tonne actuellement).

 

Le principe de la taxe carbone, proposée par le gouvernement français, est de réguler  les émissions de GES  en prélevant une taxe.

La taxe, telle que conçue par le gouvernement, porte sur les achats de combustibles fossiles, et non pas sur tous les processus d’émission de GES. Il s’agit de s’attaquer directement aux deux postes les plus émetteurs de GES : les transports et le chauffage.

 

Ces deux systèmes,  ayant le même objectif,  ne peuvent s’appliquer simultanément que s’ils sont compatibles. Dans le cas présent, nous avons un système pour les gros émetteurs (le PNAQ)  et un système pour les autres émetteurs (la taxe).

 

Selon l’opinion générale, la logique des quotas semble a priori incompatible avec celle de la taxe :

si on exclut de la taxe  les industriels soumis au régime des quotas, le système est perçu comme inéquitable par les autres (ménages et entreprises confondus)

si on impose une  taxation aux industriels les plus émetteurs, ils perçoivent ce dispositif comme une double taxation 

En supposant que le système des quotas d’émission devienne contraignant pour les industriels soumis à ce marché, une double imposition sera a priori difficile à accepter par ces opérateurs.

 

 

Le débat est donc de savoir quel est le meilleur système pour l’avenir.

 

 

Si on choisit d’appliquer un système de quotas, celui-ci doit logiquement faire partie d’un schéma global, résultant d’un partage des droits d’émission entre les différents secteurs économiques et les ménages, avec des quotas individuels en bout de chaîne. Ce système est impossible à mettre en œuvre, car il suppose de pouvoir distribuer et contrôler les émissions de tous les  opérateurs.

 

La taxe carbone, telle que proposée, présente certaines incohérences.

Une taxation des transactions  ne devrait pas porter uniquement sur les produits pétroliers, puisque le coût des émissions repose alors  essentiellement sur les opérateurs économiques les plus dépendants des produits pétroliers pour leur activité (agriculteurs, pêcheurs, transporteurs ….) et aux ménages ayant des contraintes de déplacement incompressibles (personnes vivant en milieu rural peu peuplé par exemple).

Si les agriculteurs utilisent des tracteurs, c’est parce qu’on a cherché à limiter le coût des produits agricoles pour les consommateurs.

Une taxe carbone devrait porter sur le contenu carbone des produits, ce qui est plus équitable : celui qui achète le produit a aussi sa part de  responsabilité, ainsi que tout l’environnement institutionnel.

 

Ce qui  suppose de pouvoir quantifier le contenu carbone des produits.

Deux risques :

cela peut engendrer des « transferts de carbone » (délocalisation vers des pays moins regardant sur la question des émissions)

les économies d’émissions peuvent avoir pour conséquence une autre externalité environnementale négative (par exemple utiliser des herbicides peut permettre de réduire la consommation de fuel sur une exploitation).

Pour remédier au premier, il faudrait taxer les produits qui entrent sur le territoire européen, selon leur contenu en carbone.

Pour éviter le second (transfert de pollution), il faut pouvoir afficher un ou deux autres critères environnementaux, ce qui est envisagé actuellement dans les travaux ADEME – AFNOR sur l’affichage environnemental des produits. Concernant cet affichage, son bien-fondé repose actuellement sur l’information du consommateur, et non pas sur le calcul d’une taxe. Un affichage reposant seulement sur la  carbone,  et non pas sur une grille multicritères, est exclu a priori par les scientifiques, pour la raison invoquée ci-dessus.

 

Le contenu carbone d’un produit dépend a priori beaucoup de la distance parcourue et du mode de transport  de celui-ci : son contenu carbone n’est donc pas une donnée « standard », puisque variable selon son origine et les conditions de son transport. La création d’une base de données est un exercice qui ne peut être réalisé qu’au niveau du distributeur, avec la limite suivante: le coût d’acheminement jusqu’au domicile du consommateur devrait aussi être intégrée.

 

C’est le challenge qui est posé pour cet affichage : comment les distributeurs pourront-ils mettre en place un tel système d’affichage ?

Et comment pourrait-on greffer une taxe sur cet affichage ? Le  problème de l’unité fonctionnelle se pose avec acuité : l’affichage doit-il porter sur une quantité ou sur un service rendu par le produit ? (si un produit est concentré, le service rendu est supérieur à celui d’un produit dilué, par exemple) Dans le cas du service rendu, il faut pouvoir quantifier ce service, ce qui est quasi impossible pour des produits alimentaires. On peut difficilement quantifier le service nutritionnel rendu par un aliment car  nous retombons sur une multitude de critères : calories, sels minéraux, vitamines, absence de résidus toxiques etc…

 

La possibilité de taxer le contenu carbone des produits semble bien limitée.

 

Comment taxer le contenu carbone sans passer par le calcul de ce contenu ?

Comment être équitable dans la répartition des efforts demandés ?

 

Le système le plus minimaliste serait de se reposer sur la clairvoyance des producteurs et des consommateurs, en n’imposant pas de taxe, mais des incitations fortes pour aider les structures et les individus qui sont les plus « économes » en GES,  et à l’inverse des pénalités aux autres (système de la carotte et du bâton, expérimenté avec les bonus-malus automobiles).

On accorde des subventions prioritairement aux entreprises « responsables », avec certification à l’appui. On accorde des crédits d’impôts, ce qui se fait actuellement, aux ménages qui souhaitent  diminuer leurs dépenses énergétiques pour le chauffage. Il s’agirait d’aller un peu plus loin dans cette voie car les gros émetteurs peuvent bénéficier de ces subventions alors qu’ils ne sont pas forcément enclins à diminuer leurs émissions par ailleurs.

 

Plus de volontarisme pourrait se traduire par un fort encadrement des choix d’aménagement du territoire.

L’état devrait jouer un rôle plus affirmé  de  « gendarme » au niveau de  l’élaboration des schémas de cohérence territoriaux, documents de planification territoriale s’imposant aux PLU, documents souvent peu contraignants sur les questions environnementales. C’est à ce niveau que se situe la traduction locale des grands principes d’aménagement,  la gestion des ressources naturelles est traitée à ce niveau. L’introduction de la problématique carbone est loin de s’imposer dans ces documents.

 

Quid d’une taxe sur les produits pétroliers ?

Nous raisonnons là dans une perspective d’opérationnalité obligeant à des compromis par rapport à  des options qui ne sont pas tout-à-fait cohérentes sur le fond.

Pour qu’elle joue véritablement un rôle dissuasif, cette taxe devrait être assez élevée, et applicable à tous, gros et petits industriels. Le renchérissement prévisible du pétrole risque de se substituer à cette taxe dans un proche avenir, mais de manière moins équitable, car sans redistribution vers les ménages les plus vertueux. Le cumul des deux risque d’être lourd à porter pour les ménages moyens. Pour les opérateurs soumis au PNAQ, on peut penser que le coût de la tonne émise va se renchérir, ce qui, cumulé avec une taxe carbone équivalente à celle imposée aux ménages, risque d’être très lourd.

Ce n’est donc pas sans une étude prospective sérieuse que cette option doit être retenue (on fait confiance au rapport « Rocard » !)

 

 

Quid des distorsions de concurrence entre l’Europe et le reste du monde ?

 

Le système des quotas d’émission ne paraît intéressant qu’à la condition que soit imposée une taxe carbone aux frontières de l’Europe, si un système d’allocation de quotas n’est pas généralisé au niveau mondial.

Les surcoûts engendrés par un renchérissement du prix de la tonne de CO2 risquent de peser sur la compétitivité des entreprises soumises à ce système.

Les Etats-Unis s’engagent aussi dans cette voie. Vont-ils pour autant s’engager dans des mesures protectionnistes ?

 

De telles décisions ne sauraient être prises sans  une vraie  mise à plat des responsabilités des uns et des autres dans les émissions de GES.  Les banques sont considérées comme des structures dont le bilan carbone est très élevé, de part les émissions induites.

Pourra-t-on, au niveau international, faire l’impasse sur la complexité du sujet ?

 

Des mesures réellement efficaces ne pourront venir que d’une exigence forte des citoyens vis-à-vis des opérateurs économiques de tous ordres, par rapport à la responsabilité environnementale de ceux-ci.

Des gages de responsabilité et  la transparence des pratiques devraient devenir la norme.

 

 

Par Rebecca Buret
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Lundi 7 juin 2010 1 07 /06 /Juin /2010 09:17

Les marchés seraient des boucs émissaires, selon certains intellectuels français. Oui, il faut prendre garde à ne pas tomber dans cet excès qui consiste à désigner un bouc émissaire.  C'est un phénomène bien connu,  qui intervient lors d'un conflit interne interne à un groupe social. Ce conflit ne pouvant trouver de solution, il aboutit à la désignation collective d'un coupable, le bouc émissaire . Cette fausse solution a des conséquences inéluctablement néfastes car elle ne résout aucun problème. Mais:

Les marchés ne sont pas des boucs émissaires, ce sont des dieux.

 

 Par contre, il faudrait être vigilant sur le fait qu'en temps de crise la recherche d'un bouc émissaire reste une option envisageable.

.

Par Rebecca Buret
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Mardi 25 mai 2010 2 25 /05 /Mai /2010 09:28

 

 

Peut-être suis-je encore une fois d’une incroyable naïveté, mais plaider pour une certaine qualité du débat, dans les médias qui  organisent ce type d’évènement, est-ce vraiment utopique ?

 

Certains journalistes  prétendent apporter des éléments de  réflexion sur différents sujets, alors qu’ils se contentent de convoquer des contradicteurs et de les laisser exprimer leur point de vue.

Ne faudrait-il pas mettre en exergue ce qui relève du mensonge manifeste ou de la mauvaise fois ? En donnant autant de poids à chacun des propos tenus,  sans avoir d’écoute  critique  et sans  souligner les lacunes du discours des uns ou des autres, ne va-t-on pas vers l’obscurantisme ? Revient-il à l'auditeur de faire lui-même la part des choses ? de rétablir la vérité ? Bien souvent le meilleur "communiquant" emporte la partie ...

 

J’ai entendu récemment à la radio un débat  sur le port de la burqa, qui se résumait à un face à face entre un homme et une femme. Celui-ci  demandait  à sa femme de porter  une burqa parce que sa religion l’exige.  Son interlocutrice s’opposait à ce genre de pratique parce que c’est un signe de discrimination vis-à- vis des femmes, qui traduit la domination masculine.

Il aurait été intéressant, pour faire avancer ce débat, de préciser exactement ce que le Coran exige des femmes. Un autre point à aborder était l’acceptation, dans l’espace public français,  de signes de soumission d’individus  par rapport à  d’autres. Rien de tout celà. Chacun donne son point de vue et le tour est joué. 

Ceci n'est qu'un exemple. Nous en avons eu d'autres concernant le débat sur l'origine du réchauffement climatique ...

Par Rebecca Buret
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Vendredi 7 mai 2010 5 07 /05 /Mai /2010 10:30

 

Cette maxime héritée des années 70 me semble bien résumer le programme d’un parti que je ne citerai pas car tout le monde le reconnaitra. Elle renvoie à un certain nombre de principes, énumérés ci-dessous, qui sont d'une grande cohérence par rapport au constat de la finitude de la planète, mais  sont qualifiés de peu réalistes par le commun des mortels.  Ils  ne  seraient pas de nature à  développer un pays, à engendrer la conquête économique  du monde et le bien être qui en découle pour les populations  qui en profitent . Ils ne permettraient pas les avancées technologiques,  associées à la civilisation industrielle.

 

Mais n'est-on pas à l'aube d'une ère nouvelle, celle de l'après pétrole et du réchauffement de la planète ? La poursuite de l'industrialisation est tributaire des ressources énergétiques, et les schémas qui ont fonctionné dans le passé ne sont manifestement  pas ceux du futur.

Quelles ruptures technologiques  pouvant nous éviter un  changement de  mode de production et de consommation sont  réellement  porteuses d'avenir  et considérées avec sérieux  par la communauté scientifique ? On attend toujours les réponses.

En attendant, ces quelques principes semblent pleins de bon sens.

 

 

Le principe de proximité 

 

Appliqué à l’économie et au social, qui sont liés, l’économie étant une science sociale, il se traduit par: 

 

- une gestion des ressources naturelles au plus près des citoyens concernés, au travers d’instances locales de gestion

- des circuits économiques raccourcis

- une gouvernance des entreprises au plus près des parties prenantes : favoriser les scops et autres formes de gouvernance au plus près des salariés

- des systèmes de financement « responsables » c’est-à-dire réintroduisant des considérations éthiques dans les choix de financement, avec des objectifs de soutien à l’économie « réelle »

 

 

Le principe de limitation de la taille des structures économiques 

 

Le « gigantisme »  des projets n’est pas considéré comme un critère de qualité au regard des contraintes environnementales et sociales. Dans certains domaines (énergie), il peut cependant être nécessaire d'atteindre une taille critique pour que la production soit rentable, de même dans le secteur industriel, et pour garder une compétitivité "prix". Promouvoir des structures à taille humaine, c'est possible dans le secteur agricole, artisanal et les services, au travers de labels mettant en avant l'origine, la qualité environnementale, et le souci de justice sociale.

 

Est-il plus profitable pour un territoire et ses habitants de voir surgir un hôtel gigantesque géré par des multinationales que de soutenir l’émergence de petites structures d’accueil et d’hébergement de qualité, engagées dans une charte de tourisme responsable ?  

Faut-il favoriser l'importation des produits et services de base pour les habitants ou essayer de limiter la dépendance vis-à-vis de l’extérieur ? ceci s’applique en priorité à l’eau, aux denrées alimentaires, à l’énergie.

 

 

Le principe de moralité républicaine

 

Les politiques publiques devraient soutenir prioritairement les structures ayant fait des choix de « responsabilité sociale et environnementale ».

La lutte contre les paradis fiscaux, par exemple,  peut prendre la forme d’une absence de collaboration avec des banques qui placent des fonds dans des paradis fiscaux. 

La prise en considération du statut des femmes (la moitié de la population) dans la société relève aussi de ce principe de moralité républicaine, l'égalité étant loin d'être atteinte selon les données statistiques et une approche plus qualitative issue de l'expérience de chacun.

 

 

 

La question politique qui se pose actuellement n'est pas de faire un choix entre les grands principes qui ont sous-tendu notre développement des dernières décennies et ceux qui viennent d'être énoncés. La question est de savoir où on place le curseur il faut  réussir un "mix" entre les conceptions antagonistes de l'industrialisation systématique, visant à accroître la taille des structures, et une approche plus qualitative ayant pour but de mieux gérer nos ressources humaines et physiques.Il s'agit aussi de limiter les pratiques qui peuvent engendrer un point de non retour, une imposibilité de faire  cohabiter ces deux options.

 

 

 

Par Rebecca Buret - Publié dans : politique
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Jeudi 6 mai 2010 4 06 /05 /Mai /2010 22:14

 

 

Le "care" comme perspective politique ?

 

Porter un sujet tabou sur le devant de la scène, c'est un bel acte de courage politique.

 

Ce concept de "care", vient des travaux de Joan Tronto, il se traduit par "le souci des autres".

Les théories du "care" entendent mettre en lumière toute une série d'activités ignorées, sous-estimées, parce que privées, quotidiennes, banales, sans importance: soins aux enfants, aux malades, aux personnes dépendantes, ménage, traitement des déchets. Leur invisibilité et leur discrétion est aussi le lot de ceux qui les effectuent.

 

Je reprends ci-dessous le texte de Delphine Moreau, paru dans La Revue Internationale des Livres et des Idées: "De qui se soucie-t-on? Le care comme perspective politique".

 

"À travers la mise en exergue de la notion de « care » se lit donc un programme descriptif et normatif de mise en lumière d’une série d’activités maintenues dans l’ombre, pourtant toutes nécessaires à la préservation d’un monde vivable, et dont nous sommes tous dépendants, quoiqu’à des échelles différentes, pour tenir notre place dans ce monde. Il s’agit de les prendre en considération, au double sens du terme, et ce avec un double enjeu : sur le plan de la réflexion morale, saisir la dimension morale propre qui s’y déploie, une dimension relationnelle, contextuelle, attentive au singulier ; et, sur le plan politique, mettre en évidence la manière dont ces activités sont inégalement réparties, avec cette particularité que ceux qui en ont le plus souvent la charge sont aussi ceux qui peuvent en bénéficier le moins quand ils en ont besoin."

 

 

Pour un peu je me laisserais séduire ... Un monde sans "care" n'est certes pas vivable, mais s'occuper d'autrui est une activité sans reconnaissance sociale,  considérée  dans nos sociétés post-industrielles comme quelque chose de non productif.

 

Nous sommes dans un monde où tout se monnaye, alors pourquoi  s'étonner de sa déshumanisation ?

Pourquoi s'occuper de ses enfants quand on peut gagner de l'argent en s'occupant de ceux des autres ?

La responsabilité d'être parent ?   il est particulièrement malvenu de vouloir pénaliser des parents alors qu'être parent n'a aucune valeur sociale.

 

Le monde sans "care" est le monde de demain, car il n'y a aucun intérêt économique au "care". Est-ce bien celà que nous voulons?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Rebecca Buret - Publié dans : politique
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